La diversité des habitats expliquée : définition et exemples végétaux réels.
La diversité des habitats est la variété des habitats différents, comme les forêts, les zones humides, les prairies et les dunes, présents dans une zone donnée. Un habitat est le lieu où vit un organisme : un paysage qui réunit de nombreux types de milieux a donc une forte diversité d’habitats. On l’enseigne souvent comme l’un des trois niveaux de la biodiversité, aux côtés de la diversité génétique et de la diversité des espèces. Elle compte pour les plantes, car chaque habitat a ses propres conditions de sol, d’eau et de lumière, et des espèces végétales différentes prospèrent dans chacun. Une portion de côte avec des ceintures de mangrove, des fourrés de marais salé et des dunes de sable présente une diversité d’habitats plus grande qu’un paysage uniforme de même taille.
Quelle est la définition de la diversité des habitats ?
La diversité des habitats décrit le nombre de types d’habitats présents dans une zone et, dans un sens plus strict, la surface occupée par chacun. La Convention sur la diversité biologique définit la diversité biologique comme la variabilité des organismes vivants, ce qui comprend la diversité au sein des espèces, entre les espèces et celle des écosystèmes. La diversité des habitats relève de cette dernière partie : la variété des lieux où la vie peut exister.
Ces trois niveaux se confondent facilement ; voici ce qui les distingue.
| Niveau | Ce qu’il décrit | Exemple végétal |
|---|---|---|
| Diversité génétique | La variation du matériel génétique au sein d’une même espèce | Des populations sauvages d’une même espèce aux caractères différents |
| Diversité des espèces | Le nombre d’espèces et l’abondance de chacune | Une prairie qui compte 40 espèces végétales au lieu de 5 |
| Diversité des habitats | La variété des types d’habitats d’une région | Une vallée réunissant zone humide, bois et prairie sèche |
Deux régions peuvent abriter aujourd’hui le même nombre d’espèces tout en différant par leur diversité d’habitats, et la diversité des habitats influe sur les espèces et les populations capables de se maintenir dans une région.
Diversité, richesse et hétérogénéité des habitats
Ces termes sont souvent employés indifféremment ; il est donc utile de les distinguer. La richesse en habitats est un simple décompte des types d’habitats présents. La diversité des habitats, telle qu’on l’utilise dans les indicateurs de biodiversité des terres agricoles, reflète à la fois le nombre de types d’habitats et la surface occupée par chacun. Une exploitation comptant cinq types d’habitats, dont l’un couvre 95 % des terres, est moins diversifiée qu’une exploitation où ces cinq mêmes types sont répartis plus équitablement, bien que leur richesse soit identique.
Certains écologues contestent le terme lui-même. Selon eux, l’habitat est une notion propre à chaque espèce, et ils préfèrent parler d’hétérogénéité environnementale pour décrire la variété des conditions au sein d’un paysage. Cet article emploie « diversité des habitats » dans le sens général des manuels.
Exemples de diversité des habitats avec des plantes réelles
Fynbos et renosterveld dans la région floristique du Cap, en Afrique du Sud
La région floristique du Cap, à la pointe sud-ouest de l’Afrique, abrite environ 9 000 espèces de plantes vasculaires, dont près de 69 % sont endémiques, c’est-à-dire qu’elles ne poussent nulle part ailleurs. L’essentiel de cette richesse se concentre dans une poignée de types de végétation de fynbos, et une autre part dans le renosterveld.
Le fynbos est une formation arbustive sujette aux incendies, composée d’arbustes sempervirents à feuilles coriaces, sur des sols sableux ou rocheux pauvres en nutriments. Le renosterveld est une formation arbustive des sols argileux plus riches de la région ; il a été en grande partie converti en terres agricoles. Le fynbos dépend d’incendies périodiques pour se régénérer, et de nombreuses espèces fleurissent abondamment après un feu. Les différences de sol et d’historique des incendies divisent une même région en plusieurs habitats, chacun portant sa propre communauté végétale.
Les zones de mangrove des côtes à marée
Les mangroves illustrent la diversité des habitats à une échelle bien plus petite. À Pichavaram, sur la côte sud-est de l’Inde, la végétation de mangrove est généralement décrite en trois zones : une zone à Rhizophora puis une zone à Avicennia et enfin une zone à Suaeda sur les sols plus salés et plus secs. Dans les néotropiques, le palétuvier rouge (Rhizophora mangle) domine généralement la frange côté mer, tandis que le palétuvier noir (Avicennia germinans) domine les peuplements situés plus à l’intérieur des terres.
Des études de terrain et des expériences de plantation ont montré que la profondeur et la durée de submersion par la marée, ainsi que la capacité des plantules à s’installer, contribuent à expliquer cette zonation. De faibles différences de submersion créent des habitats végétaux distincts au sein d’une même forêt.
Un exemple à l’échelle du jardin
Il s’agit ici d’une expérience de pensée, pas d’une étude. Imaginez une parcelle avec une bordure sèche et ensoleillée, un coin ombragé sous un arbre et le bord humide d’une mare. Les herbes tolérantes à la sécheresse conviennent à la bordure, les fougères à l’ombre et les joncs au bord de l’eau. Cette parcelle réunit trois types d’habitats sur une petite surface, alors qu’une pelouse tondue de même taille n’en compte qu’un.
À quoi ressemble une faible diversité d’habitats
Les exploitations en monoculture, les prairies tondues ras et les plantations d’une seule essence d’arbre comptent peu de types d’habitats. L’usage des sols se voit aussi à grande échelle : une analyse des types d’habitats terrestres à l’échelle européenne a montré que les zones à forte densité de population humaine tendent à avoir une faible diversité d’habitats. La diversité des habitats peut aussi être faible dans des lieux naturellement uniformes, comme une vaste roselière ou un marais salant ; c’est alors une caractéristique du lieu, et non le signe d’une dégradation.
Pourquoi la diversité des habitats compte
Les synthèses d’études comparant la diversité des habitats et la diversité des espèces animales constatent en général des associations positives, même si l’ampleur de l’effet varie selon le groupe animal et l’échelle spatiale étudiés. Les plantes y contribuent en formant la structure de nombreux habitats : la canopée, l’ombre, les fleurs et les couches de litière dont se servent les animaux.
Les types d’habitats sont aussi une unité pratique pour la conservation. La politique européenne de la nature, dont la directive Habitats de l’UE, répertorie des types d’habitats afin de protéger des écosystèmes plutôt que des espèces une à une.
Comment les écologues mesurent la diversité des habitats
La mesure commence par une carte des habitats. Les chercheurs dénombrent les types d’habitats présents dans le paysage, puis pondèrent chacun par la surface qu’il occupe, souvent à l’aide d’un indice de diversité de type Shannon. Le résultat dépend fortement de la façon dont les habitats sont définis et cartographiés : les chiffres issus d’inventaires utilisant des classifications différentes ne doivent donc pas être comparés directement.
Lire un habitat grâce aux plantes
Les plantes marquent souvent l’endroit où un habitat se termine et où un autre commence. À Pichavaram, les zones portent le nom des plantes dominantes qu’on y trouve. En marchant, remarquez quelles plantes poussent ensemble et où le mélange change ; ces limites signalent souvent une variation du sol, de l’eau ou de la lumière.
Un outil fondé sur la photo, comme l’identification des plantes de Doofer, peut proposer des noms possibles pour les plantes que vous photographiez. Les suggestions automatiques peuvent être erronées : vérifiez toute plante inconnue ou potentiellement dangereuse à l’aide d’une flore régionale ou d’un spécialiste local qualifié avant de vous fier au nom. Le guide d’identification des arbres et arbustes indique les caractères à comparer pour les plantes ligneuses.
Questions fréquentes
Réponses aux questions fréquentes sur l’entretien des plantes et cet outil.
Lectures complémentaires et références
- Convention sur la diversité biologique, article 2 : Emploi des termes — Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique La définition de la diversité biologique selon le traité, y compris la diversité au sein des espèces, entre les espèces et celle des écosystèmes. [Source ]
- Aires protégées de la Région florale du Cap — Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO Décrit la richesse végétale et l’endémisme exceptionnels de la région, ainsi que le rôle du feu dans l’écologie du fynbos. [Source ]
- La directive Habitats — Commission européenne, direction générale de l’environnement Explique comment les types d’habitats répertoriés servent d’unités de conservation dans le réseau Natura 2000. [Source ]